Bitcoin contre le techno-féodalisme
Avant propos
Cet article a pour but de traiter du concept de techno-féodalisme et de voir en quoi Bitcoin et les technologies du libre et open source sont pertinents pour s’émanciper numériquement.
1) Qu’est-ce que le techno-féodalisme
Le techno-féodalisme est un concept qui désigne une forme de société où de grandes entreprises technologiques (et parfois certains États) ont un pouvoir comparable à celui des anciens seigneurs féodaux : elles contrôlent l’accès aux “moyens de vivre” et imposent des règles via des plateformes, des infrastructures, des contrats et des dépendances.
En pratique, l’idée met l’accent sur :
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Rente et dépendance : on ne “vit” pas seulement grâce à la technologie, on en dépend pour travailler, communiquer, payer, se former, etc… Ce qui permet aux acteurs dominants de capter une partie importante de la valeur.
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Contrôle de l’accès : comptes, identités numériques, app stores, moyens de paiement, cloud, “jardins clos” (écosystèmes fermés) → l’utilisateur est en position subordonnée.
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Conditions imposées : politiques de plateforme, commissions, règles d’utilisation, verrouillage (difficulté à changer de service sans perte).
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Concentration du pouvoir : quelques acteurs contrôlent des ressources clés (données, distribution, infrastructures, matériel/logiciels critiques), comme une hiérarchie.
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Pouvoir de fait plus que pouvoir légal : même quand ce n’est pas présenté comme une domination politique explicite, l’impact sur la liberté de choix et l’économie y ressemble.
Le terme est surtout utilisé dans des débats sur l’économie numérique, les marchés de plateformes et les effets de la concentration. L’image “féodale” sert à dire : beaucoup de gens ont des “droits d’usage” mais peu de contrôle réel sur les infrastructures qui conditionnent leur vie.
Ci-dessous quelques exemples concrets : -
Stores d’applications (iOS/Android) : les appareils “accèdent” aux apps via l’App Store / Google Play. Le fournisseur de plateforme fixe les règles (validation, suppression, règles de monétisation), prélève une commission et rend souvent difficile de “sortir” de l’écosystème sans coût (compatibilité, distribution, paiement, comptes).
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Paiements et identités numériques : quand une ou deux infrastructures deviennent incontournables (carte, porte-monnaie numérique, identifiant de compte, vérification), elles peuvent conditionner l’accès aux services. Si ces systèmes changent leurs politiques (frais, règles, blocages), les utilisateurs et les petits acteurs subissent les conséquences.
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Cloud / infrastructures critiques : beaucoup de services (sites, applications, données, IA) tournent sur quelques clouds majeurs. Si la dépendance devient forte, le fournisseur peut imposer des prix, limites, modalités de service, ou faciliter/défavoriser certaines configurations, ce qui ressemble à un contrôle d’accès aux “moyens de travailler”.
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Réseaux sociaux & publicité ciblée : la distribution (algorithmes), la monétisation (programmes de revenus) et la capacité à atteindre le public dépendent des règles d’une plateforme et en sortir signifie souvent perdre une part massive de l’audience.
Cependant, ce concept de techno-féodalisme est parfois bancal dans le sens où cela implique qu’à l’instar du moyen-âge les innovations technologiques ne soient pas mises en avant par les « dominants ». Or nos « techno-seigneurs » (GAFAM, Elon Musk, Sam Altman…) continuent d’innover, leurs entreprises continuent de mettre des ressources dans la R&D. Mais admettons que ce concept de techno-féodalisme soit pertinent pour la situation actuelle, quels seraient les outils permettant de contrer ce féodalisme numérique ? Comment faire émerger une techno-république ou une techno-démocratie ?
2) En quoi Bitcoin est un outil d’émancipation vis à vis du techno-féodalisme
Durant l’Ancien Régime, les seigneurs étaient tentés de faire n’importe quoi avec la monnaie, c’est notamment ce qui s’est passé sous la Régence de Philippe d’Orléans avec les billets papier de John Law en 1716-1720. Durant cet épisode, tous ceux qui avaient mis leur fortune dans les billets de banque et les actions de la Compagnie du Mississippi ont été ruinés, car les billets et les actions ont été émis en abondance, par contre, ceux qui avaient de l’or ont gardé leur fortune.
Remarque : Durant la Révolution française en 1791 les assignats sont une autre expérience de monnaie fiduciaire en France qui se solda par un échec retentissant.
Comme le disait Voltaire concernant la monnaie fiat :

Ainsi, de nos jours, par analogie, un actif que l’on peut imprimer à volonté (monnaie ou action) peut perdre toute sa valeur du jour au lendemain, tandis qu’un actif par essence limité tel que le Bitcoin préserve la valeur dans le temps (sur le long terme).
De plus, Bitcoin a l’avantage d’être décentralisé/distribué, vous pouvez héberger votre propre nœud Bitcoin, ce qui garantit que sa quantité maximale (21 millions) ne peut être changée.
Certains diront que les détenteurs de bitcoins ont bien intérêt à ce que ce dernier soit un outil d’émancipation (pour faire gonfler le prix et s’enrichir…), cela dit, l’alternative à Bitcoin (blockchain distribuée à preuve de travail sans fondation) concrètement c’est Monero. Cependant, Monero n’est pas programmé pour être en quantité limitée, ce qui en fait un moins bon rempart anti-inflation.
D’une manière générale, les autres crypto-actifs ne sont soit pas assez décentralisés, soit dirigés par des fondations (donc un vecteur de corruption) pour être des actifs anti-inflation.
Bitcoin est l’entité numérique antagoniste au techno-féodalisme :
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Décentralisé/distribué, tout le monde peut participer à l’infrastructure en hébergeant son propre nœud, pourvu que l’on ait un ordinateur et une connexion internet.
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Sans contrôle d’accès, pour créer un portefeuille Bitcoin, il ne vous est pas demandé de papier d’identité ou d’autorisation administrative, même si pour les comptes de plateformes centralisées, il existe un contrôle d’accès, il reste toujours des moyens d’acheter et de vendre des bitcoins sans contrôles d’accès (Bisq par exemple…).
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Programmé pour être en quantité limitée, seulement 21 millions de jetons divisibles en cent millionièmes, aucun « techno-seigneur » ne peut décider d’en imprimer plus quand ça l’arrange au détriment des autres.
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Résistant à la censure, qui que vous soyez, vous pouvez effectuer une transaction avec Bitcoin, aucune autorité centrale ne peut vous censurer.
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Vérifiabilité publique, que ce soit le code ou le nombre de bitcoins en circulation, tout est public et auditable en direct.
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L’écosystème Bitcoin est « portable », une fois que vous contrôlez des clés, vous pouvez déplacer vos fonds selon vos règles, d’une application à une autre d’un hadware wallet à un autre. Vous n’êtes pas piégé dans l’écosystème d’un fournisseur de logiciel ou d’un fabricant de matériel.
3) Le monde du libre et de l’open source en général sont des outils d’émancipation vis à vis du techno-féodalisme
S’émanciper numériquement c’est utiliser Tor, un VPN non-KYC tel MullVad ou un mixnet tel NYM pour surfer sur le net, c’est utiliser des navigateurs tels que Brave ou Librewolf, c’est privilégier des réseaux sociaux tels que NOSTR au lieu de X (anciennement Twitter), c’est utiliser des systèmes d’exploitation tels que Linux ou BSD au lieu de Windows ou Mac. De plus, avec des serveurs personnel tel qu’Umbrel ou Start9, vous pouvez avoir votre mini Data Center privé à la maison dans lequel vous pouvez auto-héberger des blockchains tels que celles de Bitcoin ou Monero. Ainsi que vos données personnelles NOSTR et même vos données personnelles en général avec NextCloud.
Bref, il existe dans le monde du libre et de l’open source des solutions concrètes pour vous permettre de vous émanciper des infrastructures numériques techno-féodales.
4) Conclusion
En supposant que nous vivons le techno-féodalisme, c’est-à-dire sous l’emprise numérique de quelques « techno-seigneurs » qui ont la main mise sur les infrastructures numériques (data center, magasins d’applications…). Il est néanmoins possible de s’en émanciper (s’affranchir du « techno-servage »), concernant la monnaie le protocole Bitcoin et son infrastructure de nœuds décentralisés a fait ses preuves. Mais plus généralement que ce soit vis à vis du numérique en général (système d’exploitation, navigateur web, réseau social…) le monde du libre et de l’open source propose également des solutions.
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