Qu’est-ce que le marché ?

Pour un petit retours aux bases, je vous présente une image qui est... ma foi excellente, au moins en bouche ! Parce que le marché, ça ne concerne pas que des concepts abstraits.
Qu’est-ce que le marché ?

Nous entendons souvent des gens dire que « les marchés font ceci », ou que « les marchés font cela », etc. Je trouvais ces tournures de phrase un peu bizarres. Du coup, je m’étais fait une note, avec une image, pour remettre à plat ma compréhension de cette notion de « marché », que je vous partage à présent.

Pour cela, je vous propose de repartir d’une image susceptible de parler à n’importe qui : le marché est le lieu où nous achetons des produits. Par exemple, il y a un marché où j’aime bien aller, parce que la fromagère y propose un excellent tiramisus maison, parfois avec des spéculoos, parfois avec de la confiture, etc.

Donc le marché, c’est le lieu (et pas une personne) où se retrouvent les acheteurs (qui déambulent entre les étals) et les vendeurs (les marchands derrière leurs étals), l’un pour acheter ce que l’autre vend.

Le cadre du marché

Un marché ne fonctionne pas dans le vide. Des règles s’y appliquent, pour que les échanges se déroulent dans les meilleures conditions possibles.

La première règle concerne le droit de propriété : les acteurs du marché vont échanger des biens, de l’argent, du tiramisus, etc. que nous possédons effectivement (autrement, ce serait du vol).

Une autre règle fondamentale, c’est que les acteurs du marché doivent être libres : si les échanges sont contraints ou forcés, les gens se retrouvent potentiellement avec quelque chose qui ne leur convient pas (voire même, qui leur serait néfaste).

Que ce soit formel ou non, tout échange dépend d’un contrat, et ce contrat doit être respecté. Ce contrat, c’est au sens large tout engagement pris entre l’acheteur et le vendeur.

Et ces contrats, surtout quand ils sont informels, reposent sur la dernière règle du marché : la confiance.

Comment approvisionne-t-on le marché ?

Avant d’arriver au marché, les tiramisus doivent être produits. Pour cela, on a ce qu’on appelle les facteurs de production.

  • Déjà, la fromagère et ses ouvriers vont apporter leur expertise et leur temps pour concevoir et fabriquer de si bons tiramisus. La fromagère va payer ses ouvriers pour leur travail. Tout ceci constitue le facteur humain de production de tiramisus.
  • Ensuite, la fromagère et ses ouvriers ne vont pas travailler à mains nues, mais avec des outils, ce qui constitue le capital qui va servir à la production du tiramisus.
  • Enfin, le tiramisus est fabriqué à partir de ressources, comme le lait, le sucre, les spéculoos, etc.

Une fois que tout ceci se retrouve en proportions adéquates d’excellents tiramisus vont pouvoir sortir de la fromagerie… Pour être acheminés jusqu’au marché.

Quels sont les acteurs du marché

Jusqu’à présent, nous avons posé le décor. Maintenant, nous allons parler des acteurs du marché, car cela ne se résume pas qu’aux acheteurs et vendeurs. Dans les faits, c’est un peu plus compliqué.

Les principaux acteurs du marché

Sur le marché, nous avons parlé des acheteurs et des vendeurs, mais un expert appelé Michael Porter a poussé la réflexion plus loin : il a identifié ce qu’on appelle les cinq forces de Porter, qui traduisent cinq types d’acteurs sur les marchés.

  • Si on repart de ce qu’on a déjà vu, les clients sont ceux qui veulent acheter du tiramisus.
  • Les fournisseurs apportent les spéculoos, la confiture, etc. (les facteurs de production) grâce à quoi la fromagère pourra faire le tiramisus (elle fournit elle-même le lait et le fromage, elle reste fromagère avant tout).
  • Les rivaux, ce sont les autres gens susceptibles de proposer du tiramisus, comme la pâtissière, par exemple.
  • Les substituts proposent d’autres desserts tout aussi appétissants.
  • Les nouveaux entrants viennent de s’installer sur le marché, et vont tenter de proposer, moins cher, de meilleure qualité, adresser des demandes plus spécifiques (comme par exemple répondre à une demande de tiramisus oréo que la fromagère ne propose pas).

Aux abords du marché, nous avons d’autres acteurs

Ceux-ci influencent les transactions sans être directement dans le marché.

Par exemple, nous avons les banques. Lorsque l’un de nos acteurs a besoin d’investir, il peut faire appel à leurs services pour emprunter de l’argent, qu’il devra ensuite rembourser, plus un taux d’intérêt que la banque fixe en fonction du risque sur notre marché (sait-on jamais ? Peut-être que les gens ne mangeront plus de tiramisus, demain ?). La banque est également l’endroit où nous allons placer notre épargne, en espérant la faire fructifier (et par la même occasion, la banque peut s’en servir pour prêter).

Nous avons également l’État, qui peut réglementer, voire réguler les échanges (par des lois, des normes, des subventions, …). Comme l’explique bien John Locke dans son Traité du Gouvernement Civil, le but de l’État est en principe de préserver ce qu’on appelle les droits naturels des acteurs du marché : leur vie, leurs libertés, et leur propriété, c’est-à-dire le cadre du marché. Il lui arrive parfois de répondre à des motivations plus politiques (voire idéologiques, mais c’est un autre débat). Les mesures que l’État va fixer vont inévitablement brider les acteurs du marché, ce qui explique en bonne partie les débats pour trouver le juste équilibre dans les interventions de l’État sur le marché.

À noter que les taxes et impôts impactent également le marché, mais ils visent surtout à payer les gens qui se trouvent derrière l’étiquette « État », comme par exemple le policier qui patrouille entre les étales, tout en appréciant celui de notre chère fromagère.

Nous pouvons également mentionner la mairie, qui possède la place du marché, et va louer les emplacements selon ses propres critères. La mairie fait partie de l’État, mais dans l’absolu, c’est un cas particulier du marché où nous achetons le tiramisus. Dans les faits, la place de marché en soi peut être privée. Par exemple, Amazon est une place de marché où nous pouvions à l’origine acheter des livres (maintenant on y trouve trop de choses pour en faire le catalogue ici). À contrario, l’État peut également être client du marché (imaginez monsieur le maire qui vient acheter du tiramisu… Mais ça peut être aussi d’autres boutiques pour des vêtements, du matériel, etc.).

Le cadre est posé

Pour cet article, nous avons vu que les acteurs du marché obéissent à quelques règles sommes toutes relativement simples, que certaines conditions doivent être réunies avant que le tiramisus n’arrive sur le marché, et que sur le marché, nous n’avons pas que des acheteurs et des vendeurs (que ce soit de tiramisus ou d’autre chose, d’ailleurs).

Avec ça, j’espère vous avoir déjà apporté une meilleure compréhension de ce qu’est un marché. Maintenant, sur un marché, on échange des marchandises, comme mon fameux tiramisus. Et pour que cet échange ait lieu, il faut que je paie le prix du tiramisus. Dans mon prochain article, je vous proposerai donc de voir comment on évalue la valeur du tiramisus.

Ressources

  • Traité du Gouvernement Civil – John Locke
  • Capitalism and Freedom – Milton Friedman
  • Principes d’Économies Politiques – Carl Menger
  • Understanding Michael Porter – Joan Magretta
  • institutdeslibertes.org

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