Vers une définition de la richesse selon Menger
La notion de richesse est l’une des pierres angulaires de l’économie, mais elle reste difficile à cerner. La pensée commune l’associe souvent à une accumulation de biens matériels et de possessions. Cette vision pourrait remonter au mercantilisme, et donc aussi loin que le XVIè siècle : pour être riche, il faut accumuler, thésauriser et ne pas dépenser son stock. C’est l’archétype de la richesse comme « coffre-fort rempli » … C’est dire si cette idée est ancrée dans les habitudes !
Cependant, Carl Menger, en replaçant l’individu et son action subjective au centre de l’analyse économique, a proposé une conception de la richesse radicalement différente, orientée vers les richesses individuelles et dynamique.
Le Rôle Central de la Connaissance et de la Capacité
Menger critique l’idée que la richesse se résume à la possession de biens. Mes notes sur son ouvrage mettent en lumière une distinction cruciale : Le progrès dans le développement de nouveaux moyens pour satisfaire ses besoins est étroitement lié à la connaissance par l’accumulation d’expérience par essai/erreur.
Cette approche montre que la véritable richesse réside dans la capacité d’un individu à satisfaire ses besoins, plus qu’à la possession de biens. Cette capacité est elle-même le fruit de la connaissance et de l’expérience accumulée.
- Richesse = Capacité et Connaissance : La personne riche n’est pas simplement celle qui possède beaucoup, mais celle qui sait et peut mobiliser des moyens (biens, services, outils, savoir-faire) pour répondre à ses besoins présents et futurs.
- Dynamique et Progrès : La richesse est donc dynamique. Elle est liée au progrès, c’est-à-dire à la capacité de l’individu à développer sans cesse de nouveaux moyens (biens d’ordre supérieur, qui permettent de répondre aux besoins indirectement) pour améliorer sa satisfaction. Cette perspective place l’ingéniosité humaine et la connaissance au-dessus de la quantité finie des matières premières.
Définir simplement la Richesse
En définitive, la définition la plus simple et fondamentale de la richesse se détache de la notion de stock matériel pour se concentrer sur le potentiel de l’individu.
C’est tout simplement la capacité d’un individu à satisfaire ses propres besoins.
Est-ce que le Product Owner en moi peut en tirer quelque chose ?
La notion de richesse n’a pas de rapport très direct avec la démarche Produit. Néanmoins, on peut souligner quelques points.
- Enrichir nos utilisateurs : on a parlé de la capacité de l’individu à développer de nouveaux moyens, pour améliorer sa satisfaction. Menger nous explique également que l’autonomie de l’individu ne repose pas forcément sur sa capacité à gérer « par lui-même », mais aussi en se reposant sur l’échange. Décliné à la démarche Produit, on peut donc contribuer au progrès de l’utilisateur (l’individu qui utilise notre produit) en améliorant son expérience : nouveaux services répondant à ses besoins, interface plus fluide, etc.
- Enrichissement par la connaissance : la démarche produit repose énormément sur l’apprentissage par essai/erreur. La capacité de l’équipe à capitaliser sur les connaissances ainsi acquises permet d’améliorer sa performance et de cibler toujours plus efficacement les besoins des utilisateurs … C’est l’enrichissement des membres de l’équipe.
- Richesse dynamique et scalabilité : assez proche du point précédent, l’enrichissement peut aussi passer par notre façon de gérer la croissance de notre produit. Infrastructure plus performante, passage à des outils plus adaptés, automatisation, etc. En tant qu’équipe produit, ce sont des moyens pour améliorer notre produit et nos outils de travail, et donc qui vont nous enrichir.
Le lien n’est pas forcément évident, mais on retrouve quand même quelques applications concrètes dans notre logique, en tant que Product Owner et équipe Produit : on s’enrichit et on enrichit nos utilisateurs en améliorant constamment notre produit !
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