Le temps passe-t'il «plus vite» ?

Avec l’âge, la routine, les responsabilités et le numérique, notre perception du temps semble s’accélérer. Ce n’est pas le temps qui change : c’est aussi notre présence au moment qui diminue. Cet article rassemble quelques pistes, outils et références autour de l’émerveillement, de l’attention et de la méditation pour sortir du pilote automatique et redonner du relief aux heures que l’on vit déjà.
Le temps passe-t'il «plus vite» ?

English version: Does time pass faster as we age?

Je réagis ici à un tweet vu sur X à propos de cette impression étrange que le temps passe de plus en plus vite.

Je ne pense pas que le temps s’accélère physiquement.

Mais je pense que notre perception du temps, elle, peut réellement se compresser avec l’âge, la routine, le stress et le numérique.

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Le temps passe-t’il «plus vite» ?

En vieillissant, le temps semble filer.

On est plus occupé, happé par le travail et les responsabilités, la tête pleine.

Résultat : moins de découvertes, moins d’émerveillement, moins de présence au moment.

Enfant, le cerveau découvre encore le monde : il scanne, observe, encode.

Tout paraît plus grand et les journées plus longues, non parce que le temps change, mais parce que l’expérience est plus dense.

Étude sur l’âge et la perception subjective du temps

Avec l’âge, le cerveau sait déjà beaucoup.

Il reconnaît, anticipe, automatise, économise. Utile, mais on vit moins certains moments.

Et quand la routine s’installe, les journées passent sans laisser beaucoup de traces.

Tu n’es plus vraiment dans le moment.

Tu es dans la gestion du moment suivant.

Pas besoin de partir dans une théorie bizarre.

Et le numérique accélère encore tout ça.

Le numérique accélère de facto notre perception du temps parce qu’il supprime les vides.

On ne s’ennuie presque plus, on ne s’arrête presque plus.

Dès qu’il y a un creux, on le remplit.

Le cerveau fonctionne constamment.

Mais fonctionner constamment, ce n’est pas forcément être présent.

L’awe, comme en parle Dacher Keltner, c’est ce moment où quelque chose casse le pilote automatique, d’un coup, le cerveau arrête seulement de gérer.

Il observe.

Et quand il observe vraiment, le temps reprend du relief.

Huberman Lab — Dacher Keltner sur l’awe

C’est aussi pour ça que la méditation est intéressante.

On croit que s’arrêter est contre-productif.

On pense qu’on n’a pas le temps, donc on ne s’arrête jamais.

Mais c’est peut-être justement parce qu’on ne s’arrête jamais que le temps disparaît.

Étude — Awe Expands People’s Perception of Time

La méditation ne crée pas plus d’heures.

Elle redonne de la présence à celles qu’on a déjà.

Et paradoxalement, quand tu récupères de la présence, tu peux parfois faire plus avec moins.

Donc non, je ne pense pas que le temps accélère.

Je pense qu’on devient plus automatique, plus stressé, plus chargé, plus fragmenté.

Et que le numérique amplifie tout ça.

La vraie question, ce n’est pas seulement :

“Pourquoi le temps passe plus vite ?”

C’est plutôt :

“Qu’est-ce qui me vole ma présence ?”

Huberman Lab — Space-Time Bridging Meditation


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