Comment est déterminé le prix
- Le point de départ : le besoin
- Le juste prix : le rôle de la concurrence
- Le rôle de la monnaie : faciliter les échanges
- Monnaie et argent
- L’asymétrie de l’information : parce qu’on ne sait jamais tout
- Conclusion
- Ressources
Dans mon précédent article, je vous ai présenté le décor : le cadre et les acteurs du marché. Nous avons parlé à plusieurs reprises d’échange et évoqué le prix du tiramisu… Mais, comment détermine-t-on le prix de ce tiramisu ?
C’est une excellente question, et la réponse n’est pas forcément si évidente que ça. Les économistes nous ont cependant fournit quelques clés pour comprendre comment ça marche : parmi eux se trouvent notre besoin, la concurrence et la monnaie d’échanges.
Le point de départ : le besoin
Si je veux acheter du tiramisu, c’est que j’en veux. Si je n’en voulais pas, la fromagère pourrait en mettre autant qu’elle veut sur son étal, au prix qu’elle veut, je n’en achèterais pas. Par contre, si j’en veux, j’y jetterai un œil, et je verrai si le prix vaut le coup… Par rapport à mon envie. C’est donc un raisonnement subjectif, ou mon opinion personnelle sur mes besoins, éventuellement influencé par des pubs, un gourou du tiramisu, etc. Mais in fine c’est mon choix.
Mon besoin évoluera également en fonction de ce que Carl Menger a appelé l’utilité marginale : si j’ai déjà bien mangé, que j’ai déjà de quoi faire à manger pour un moment, ou que j’ai d’autres priorités au moment où je passe devant l’étal de la fromagère, je serai peut-être moins enclin à payer pour du tiramisu.
Le juste prix : le rôle de la concurrence
Là aussi, un auteur comme Menger nous donne un schéma assez complet du rôle de la concurrence. Pour cela, il a dépeint plusieurs cas de figure, pour introduire progressivement la complexité de la concurrence. Pour commencer, il nous a présenté le cas où je suis seul acheteur de tiramisu, et où la fromagère doit composer avec plein d’autres producteurs de tiramisu. Dans ces cas là, j’aurai le choix du prix : il me suffira de chercher l’étal où le tiramisu est le moins cher.
Cependant, s’il y a également plusieurs acheteurs de tiramisu, un équilibre se forme entre l’offre et la demande, ou plus exactement le besoin dont nous parlions plus haut : plus l’offre augmente, plus il y aura de gens qui pourront satisfaire leur passion pour le tiramisu, et plus les prix baisseront.
Donc si l’offre augmente, plus de gens seront satisfaits (d’acheter et de vendre), et plus j’aurai de chance de trouver du tiramisu plus abordable.
Du point de vue de ma fromagère, se trouve néanmoins une limite à ne pas négliger : son coût de production. Si le prix de revient du tiramisu ne suffit pas à couvrir son coût de production, elle passera à autre chose (ou alors elle devra trouver un nouveau procédé de fabrication moins coûteux).
Le rôle de la monnaie : faciliter les échanges
À l’origine, on échangeait directement les biens qu’on possédait contre ce qu’on voulait acquérir : c’était le troc et c’était il y a fort fort longtemps. Les gens se sont vite rendu compte que ce n’était pas très pratique, ils se sont donc mis d’accord sur un bien spécial, la monnaie d’échange. Mais pour que ça marche, cette monnaie devait disposer de plusieurs qualités.
- Tout le monde devait être d’accord sur sa valeur pour s’en servir d’étalon… de valeur. Tant que j’ai la quantité adéquate du bien, je pourrais avoir en échange la quantité correspondante de tiramisu.
- Tout le monde devait avoir suffisamment confiance pour en faire l’instrument des échanges sur le marché. Si je viens avec du Bitcoin dans un trou perdu où les gens ne savent même pas ce que c’est, je vais avoir du mal à acheter mon tiramisu.
- Enfin, il devait pouvoir servir de réserve de valeur : les gens devaient pouvoir le conserver, sans qu’il ne perde sa valeur dans le temps. Si je me sers d’une baguette de pain, les premiers jours ça va, mais au bout d’une semaine ou deux, il devient tellement dur que plus personne n’en voudra…
Pendant de nombreux millénaires, la seule monnaie d’échange à cocher toutes les cases était l’or : tout le monde était d’accord sur sa valeur, il était facile à contrôler pour générer la confiance, et sa rareté était telle que celle-ci ne faisait que grimper… à quelques exceptions près de l’Histoire, comme la fois où les espagnols ont rapporté des tonnes d’or d’Amérique (à ce moment là, la valeur de l’or a pris une claque, ce qui a embêté un peu tout le monde, en Europe). Bref, il suffisait alors de peser la bonne quantité d’or pour déterminer si elle était suffisante pour l’échange.
Monnaie et argent
Maintenant… Est-ce que vous avez déjà vu quelqu’un se trimbaler une pièce en or pour acheter du tiramisu ? Non, bien sûr. Bon, je ne vais pas vous refaire toute l’histoire de la monnaie et de l’argent ici, ce serait un article à part entière. Mais pour notre besoin, dites-vous simplement que les gens se sont trouvé des intermédiaires (plus ou moins fiables), entre l’or et l’argent, tels que les billets que nous utilisons tous les jours.
L’asymétrie de l’information : parce qu’on ne sait jamais tout
Si ça se trouve, au marché de la ville voisine se trouve un meilleur tiramisu, et qui plus est moins cher ! Sauf que je ne le sais pas, ou je n’ai pas envie de prendre le bus pour aller en chercher,… De la même façon, la fromagère en sait en principe plus que moi sur ce que lui coûte la fabrication de son tiramisu, et sur la concurrence sur le marché du tiramisu dans la région.
La connaissance dont nous disposons du marché du tiramisu va conditionner nos choix : de mon côté, ce que je suis prêt à payer et du côté de la fromagère, ce qu’elle pourra faire payer.
Conclusion
Au final, un marché, c’est l’endroit où des individus échangent des biens, des services, etc. Un marché peut être un peu plus complexe : les individus vont représenter des entreprises, des collectivités, certains auront des rôles spécifiques de partenaires, de fournisseurs, de clients.
Mais le fondement reste le même que celui du marché du village de notre enfance.
Ressources
- Capitalism and Freedom – Milton Friedman
- Principes d’Économies Politiques – Carl Menger
- Understanding Michael Porter – Joan Magretta
- institutdeslibertes.org