L'écologie librement consentie
- Écologie : moins contraindre, mieux comprendre ?
- La tentation de la contrainte
- L’autre chemin
- Des progrès qui confirment cette logique
- Une écologie plus libre
- Ressources
L’écologie n’est pas un thème qui me passionne particulièrement. Non pas que je ne m’intéresse pas à la « santé » de mon environnement, mais parce que j’ai acquis quelques certitudes et bonnes pratiques efficaces à ma petite échelle, et jusqu’à présent, je n’ai pas trouvé d’argument puissant pour me faire changer d’avis (éventuellement ajuster le tir dans certaines pratiques du quotidien, dirais-je).
Du coup, j’aborde ce sujet comme ça, comme un poisson d’avril. Bon, il n’est pas non plus question de faire de l’humour (même s’il y aurait moyen de le faire), mais juste parce que cet un « ovni » par rapport à mes sujets habituels.
Écologie : moins contraindre, mieux comprendre ?
L’écologie est trop souvent présentée comme un combat entre le « bon » geste imposé d’en haut et le « mauvais » comportement du citoyen qu’il faudrait corriger. Pourtant, l’école autrichienne rappelle que l’individu n’agit pas au hasard, mais pour améliorer sa situation.
« Le travail est pénible, et l’homme évite autant que possible l’effort » écrivait Mises (ça a le mérite d’être clair).
Dans ces conditions, le progrès ne vient pas d’une ascèse décrétée, mais d’une tension constante entre « obtenir ce que je veux » et « faire moins d’effort »… ou plus globalement « avec moins ».
La tentation de la contrainte
Ce qu’on voit le plus souvent de l’écologie, c’est : taxer, réglementer, limiter. En gros, les gouvernements veulent faire baisser la consommation d’énergie, en freinant la consommation « tout court » : taxes carbone, normes strictes, interdictions ciblées, etc. Des études récentes supposent en effet que ces contraintes peuvent réduire les émissions de CO₂, mais… elles reconnaissent aussi les impacts sur les individus, causant de facto des frictions politiques.
Sur Fondapol, Guillaume Bazot a publié une étude qui met justement en évidence ce coût pour les particuliers. Il explique par exemple que « La transition écologique ne peut se faire sans une réallocation des ressources depuis les secteurs économiques et sociaux en faveur de l’écologie ». Donc concrètement, on va prendre dans la poche d’untel pour mettre dans la poche d’untel autre, suivant des critères d’écologie : « Les quotas et les réglementations permettent tacitement d’augmenter le prix du carbone sur des éléments ciblés, soit en générant une pénurie artificielle, soit en contraignant la production et en augmentant ainsi les coûts. »
Forcément, les répercussions redescendent sur les pauvres particuliers que nous sommes : « Le prix des biens pourrait certes augmenter au prorata de la taxe carbone ». (Certes certes, dites-vous…)
Le message devient vite : « vous consommez mal, donc nous allons vous corriger ». À force, cette logique risque de décourager l’initiative et de transformer l’écologie en discipline collective, où l’État décide pour chacun, au nom d’une « bonne conscience » collective.
L’autre chemin
Carl Menger, dans ses Principes d’Économie, nous rappelle que toute action dite économique (pour satisfaire un besoin personnel) part du que que nous ne satisfont pas nos besoin au hasard : nous « satisfont d’abord les besoins dont la satisfaction a la plus grande importance » pour nous, puis « ceux dont la satisfaction a une importance moindre ».
Mises insiste sur le fait que le travail est une perte de temps et d’énergie : « l’homme ne travaille que parce qu’il estime que le résultat attendu vaut mieux que la perte causée » (Mises, L’Action Humaine). Autrement dit, le progrès consiste à réduire les frictions : moins de gestes inutiles, moins de pertes, moins de temps perdu, moins d’énergie gaspillée.
Dans cette perspective, une économie plus efficace n’est pas une économie qui « consomme moins » par décret. C’est une économie qui produit mieux, avec moins de ressources pour le même service rendu. Comme le note Menger, « l’ampleur de la connaissance de l’homme sur les relations causales entre les choses constitue la base de son pouvoir sur la nature » (Menger, Principes d’Économie).
Plus on comprend ces relations de cause à effet entre nos actions et leurs conséquences (par rapport à nos objectifs), plus nous pourrons l’optimiser… Et cela inclut naturellement notre fameux impact sur l’environnement.
Des progrès qui confirment cette logique
Au delà de la théorie, une observation des dernières avancées scientifiques confirment cette tendance naturelle que nous avons à optimiser notre consommation.
Par exemple, les progrès dans le domaine de la fusion nucléaire nous apporte une solution écologique sérieuse (si jamais vous êtes encore anti-nucléaire, vous ne vous en douteriez pas) : un article de sirenergie souligne les progrès constants (même si la patience reste de mise) et la réduction globale de la pollution qu’apporterait la fusion nucléaire.
On observe la même logique dans le numérique. Sur le blog de Google Research, un article a été publié récemment pour démontrer les gains apportés par leur projet « TurboQuant » capable selon eux de diviser par 6 la consommation de mémoire des modèles d’IA, tout en multipliant par 8 la vitesse d’exécution des modèles d’IA, sans perte de précision. En gros, si vous aviez l’habitude d’attendre 40 secondes la réponse de ChatGPT, tandis qu’il consomme 300 Go de RAM pour ce traitement (NB : c’est l’ordre de grandeur), eh bien cela tombera à 5 secondes, pour un modèle qui consommera 50Go de RAM derrière (dites-vous que certains grands modèles pourraient presque tourner sur l’ordi familial, sans augmenter votre facture d’électricité…).
Là encore, le progrès vient d’une optimisation, pas d’une pénitence.
Une écologie plus libre
La leçon la plus solide est peut-être la plus simple : au lieu de contraindre sans fin, il vaut mieux favoriser l’esprit critique des individus, et leur donne un accès maximal à l’information et la connaissance.
Menger insiste sur l’importance de « la connaissance humaine de cette connexion causale [entre la chose et la satisfaction d’un besoin] ». Et Mises rappelle que « l’erreur est l’application de moyens inappropriés pour atteindre une fin. C’est un échec à atteindre le but visé… L’acteur se trompe parfois quant à la pertinence des moyens qu’il utilise. »
Beaucoup d’erreurs ne viennent donc pas d’une « mauvaise volonté » (l’individu cherchant avant tout à optimiser) elles viennent d’un manque de savoir. La démarche pour l’écologie ne devrait pas être d’infantiliser les gens ; elle devrait au contraire l’émanciper : plus d’information, plus de comparaison, plus d’innovation, plus de responsabilité individuelle.
C’est ainsi, dans une vision autrichienne, qu’on protège durablement l’environnement, sans réduire inutilement les libertés.
Ressources
- Les coûts de la transition écologique, de Guillaume Bazot, sur Fondapol
- Fusion nucléaire, énergie du futur, sur Sirenergies
- TurboQuant is redefining AI efficiency with extreme compression, sur le Blog de Google Research
- Principes d’Économie de Carl Menger
- L’Action Humaine de Ludwig von Mises